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Index de l'article
Les trois bases d'activité profitable
La vie laïque généreuse
La vie laïque correcte
La préparation des laïques à l’ascèse
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Les trois bases d’activité profitable

Le don, la conduite morale, la méditation

 

Aux auditeurs inquiets qui l’interrogeaient à propos de leur future renaissance, le Bouddha ne répondait pas directement : il se contentait de leur enseigner, avec patience et pédagogie, qu’il existe une voie sur laquelle chaque pas permet d’acquérir des bienfaits, le premier étant d’obtenir la certitude de bien renaître et l’ultime étant de ne plus renaître.

La voie que nous montre le Bouddha, parce qu’elle tient compte de manière très pragmatique de la complexité et des pressions du réel, est une voie progressive.
Cette voie est divisée en trois étapes :

Il existe trois bases d’activité profitable. Lesquelles ? La base d’activité profitable constituée par la pratique du don (dāna) ; la base d’activité profitable constituée par la conduite morale (sīla) ; la base d’activité profitable constituée par la pratique de la culture mentale (bhavānā).1

Cette nécessaire progressivité du cheminement implique une pédagogie tout aussi progressive que le Bouddha appelle «l’enseignement graduel» (anupubbīkathā) :

L’océan a un rebord graduel, une pente graduelle, une inclinaison graduelle, une brusque dénivellation n’apparaissant qu’au terme d’une longue étendue. De la même façon, cet enseignement et cette discipline nécessitent une formation graduelle, des résultats graduels, une progression graduelle et la pénétration de la sagesse n’est possible qu’à l’issue d’une longue durée.2
Le Bhagavā fit un discours dans l’ordre, à savoir un discours sur le don, un discours sur la morale, un discours sur la félicité dans les mondes célestes.3

La tradition des Therā, du fait des inévitables différences entre les êtres et de l’étalement possible du progrès sur une multitude de vies, n’insiste pas sur une voie unique ou sur un seul objet ; chacun est libre de choisir le but qui lui convient : atteindre l’Eveil en tant que bouddha, ou en tant que bouddha solitaire, ou bien en tant qu’arahā ; même la première étape de la libération, celle de « l’entrée dans le courant », est hautement louée dans le Canon.

En outre, le bouddhisme n’ignore pas qu’il y a une multitude de gens qui ne s’intéressent ni à la libération, ni à aucun des états élevés et veulent rester dans le flot des existences pour quelques temps encore, et revivre, au-delà de la mort, dans l’un des états célestes ou en tant qu’être humain.

Dans l’enseignement graduel, bien qu’il fût en principe exposé pour permettre d’atteindre le but ultime, chaque étape apporte ses bienfaits et peut être considérée comme suffisante pour une vie. Le Bouddha, même s’il souligne les avantages de la vie de renonçant, propose d’ailleurs à ses disciples tout aussi bien de grands modèles laïcs que d’éminents modèles ascétiques.
Le Bouddha souligne par ailleurs que le progrès spirituel, y compris l’atteinte de hauts degrés de réalisation, n’est pas réservé à ceux qui font le choix de la vie monastique : il déclara ainsi qu’en son temps il n’y avait pas un ou deux, ni même cent, deux cents ou cinq cents, mais bien plus encore de laïques, qui, menant une vie de famille, suivaient avec succès son enseignement.4

 

1Itivuttaka (S/KHU IV/3/2/1/n°60)
2Uposatha-sutta (S/KHU III/5/5/n°45)
3
Ambaṭṭha-sutta (S/DĪG I/3/n°298)
4
Mahāvaccha-sutta (S/MAJ II/3/3/n°195)



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