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Les trois refuges

 

Le bouddhisme est traditionnellement présenté comme l'assemblage de « trois joyaux » (tiratana) : le Bouddha (buddha), son enseignement (dhamma; skt. dharma) et la communauté de ses disciples (saṅgha).

On marque solennellement son appartenance à la communauté en prenant « refuge » dans ces trois joyaux, qui deviennent de ce fait les « trois refuges » (tisaraṇa) :

Je prends refuge dans le Bouddha, je prends refuge dans le Dhamma, je prends refuge dans le Saṅgha.

Cette formule est utilisée aussi bien par les moines sollicitant leur ordination que par les laïques embrassant le bouddhisme et elle est régulièrement récitée à l'occasion des diverses cérémonies qui rythment leur vie religieuse ; dans les textes, elle se présente sous quelques variantes, le Bouddha étant souvent cité sous ses autres appellations : « Vénéré (bhava) Gotama » ou bhagavā ; le terme saṅgha est employé au sens large -incluant tous les fidèles-, ou dans un sens restreint à la seule communauté des religieux.

La notion de « refuge » mérite d'être précisée : il ne s'agit pas d'un lieu où l'on fuit le monde et ses souffrances, mais d'un lieu permettant à celui qui chemine de prendre des forces pour parcourir la dernière étape de son périple dans les meilleures conditions possibles :

Il existe de multiples refuges : montagnes et forêts, bosquets et arbres sacrés sont la destination des hommes apeurés.

Ce ne sont là ni refuge tranquille ni refuge suprême ; ce n'est pas l'atteinte de ces refuges qui libérera de toute souffrance.

Mais qui trouve refuge dans le Bouddha, le Dhamma et le Saṅgha, voit avec une pénétration correcte les quatre nobles vérités : la souffrance, l'origine de la souffrance, le dépassement de la souffrance et le noble chemin octuple qui apaise la souffrance.

Tel est le refuge tranquille, le refuge suprême, le refuge qui, une fois atteint, libère de la souffrance.1

Ces trois refuges offrent les conditions doctrinales et matérielles d'un accès à ce que le Bouddha nomme « le refuge de soi-même » (attasaraṇa) ou « l'île de soi-même » (attadīpa), des expressions qui impliquent l'idée de ne compter que sur ses propres ressources, de ne chercher que dans son expérience méditative intime, éclairée par les enseignements du Bouddha, les instruments de sa propre délivrance :

Prenez pour demeure l'île de vous-même.

Prenez pour demeure le refuge de vous-même, aucun autre refuge que celui-là.

Prenez pour demeure le refuge du Dhamma, aucun autre refuge que celui-là.2

 

1 Dhammapada (S/KHU II/14/n°188-192)
2 Mahāparinibbāna-sutta (S/DĪG II/3/n°165)

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