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Anapanasati Pratique
MÉDITATION SUR LA RESPIRATION
LES TRANSES SUR LE PLAN MENTAL
ANAPANNA-VIPASSANA
CONCLUSION
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MÉDITATION SUR LA RESPIRATION

Il existe deux types de méditation, l’une conduit à la parfaite concentration, au calme, à la paix, et à la sérénité du mental, et l’autre à la Réalisation ou Illumination et par conséquent, à la parfaite paix du mental. Sur les quarante techniques décrites pour la concentration, je parlerai de celle qui consiste en la méditation sur sa propre respiration.

Quiconque cherche le succès dans son investigation spirituelle, doit tout d’abord avoir une bonne moralité. Au minimum, il doit développer ces cinq préceptes (panca-sîla) :

1. il doit s’abstenir de tuer ou de blesser toute forme de vie ;
2. il doit s’abstenir de la possession illégale des biens d’autrui ;
3. il doit s’abstenir de mauvais comportements sexuels ;
4. il doit s’abstenir de mauvaises paroles ;
5. il doit s’abstenir de la consommation d’intoxicants.

Outre l’observance des cinq préceptes, il doit éviter tout moyen incorrect de subvenir à ses besoins. S’il souhaite atteindre de hauts degrés de concentration, il doit réaliser contrôle des sens, célibat et chasteté.

La personne qui désire pratiquer la méditation sur la respiration doit pour cela trouver un lieu favorable. Celui-ci doit être libre de toute contrainte, solitaire et à l’écart de toute turbulence. Les méditants des époques anciennes passaient leur temps principalement dans les forêts ou dans les bosquets lointains, ou encore dans des abris isolés, au pied d’un arbre, ou bien dans des maisons vides. Dans de tels lieux, ils pratiquaient leur système de méditation. Dans une société pleine de tumulte, il n’est pas possible de pratiquer de la sorte dans la journée. Mais, la nuit, quand les gens sommeillent et que le silence règne, il n’est pas difficile de méditer. Pour ce faire, toute posture appropriée et confortable convient. Au début, toutefois, il est nettement préférable de s’asseoir en tailleur ou bien sur une chaise, mais en gardant tout le tronc bien droit sans tension dans la colonne, les vertèbres au repos de bout en bout.

 

PREMIÈRE ÉTAPE DE LA PRATIQUE

Tout d’abord, le méditant doit s’asseoir de manière confortable et doit être bien résolu dans sa pratique, en vue du développement spirituel, tout en se dédiant à son maître spirituel. Cela fait, il devient prêt à entreprendre la pratique.

Il observe ses inspirations et ses expirations dés le départ. Jamais, il ne doit forcer ses respirations, mais il doit être attentif à son rythme respiratoire, à l’entrée et à la sortie de l’air tout en laissant fonctionner le processus de respiration de façon naturelle. Il doit seulement être vigilant et attentif à celui-ci. S’il a le nez long, l’air touchera en premier lieu l’extrémité du nez ; s’il a le nez court, il touchera d’abord la lèvre supérieure. Il fixe son mental et son attention sur l’endroit du premier toucher de la respiration (l’extrémité du nez ou la lèvre supérieure suivant les cas). Il doit exercer cette pratique au moins deux fois par jour, et durant une heure entière chaque fois. Quant aux méditants qui consacrent toute leur vie à la méditation, ils exercent celle-ci la journée entière hormis les moments consacrés aux besoins de leur corps.

Etre conscient, vigilant ou attentif à son rythme de respiration, voilà l’étape préliminaire de cette pratique. Si le méditant n’avait pas jusqu’alors développé suffisamment sa concentration, son mental erre pendant la pratique, vers le passé ou vers un futur imagé. Afin d’éviter une telle errance, le méditant peut compter ses respirations comme suit :

Il compte à chaque inspiration ou expiration, peu importe. Lorsqu’une respiration touche l’extrémité du nez ou la lèvre supérieure, il compte mentalement : « un ». Jusqu’à ce que la respiration suivante touche l’endroit en question, il compte mentalement : « un, un, un » , et ainsi de suite. Quand la respiration qui suit touche le même endroit, il compte : « deux, deux, deux » , et ainsi de suite... il continue à compter de cette façon jusqu’à arriver à la cinquième respiration. Lorsqu’il compte « cinq » ce sera l’achèvement du premier cycle après lequel commence le deuxième en comptant : « un » etc... comme au premier cycle, mais cette fois jusqu’à arriver au chiffre « six » . Après achèvement du deuxième cycle, il commence le troisième en comptant de nouveau : « un » mais jusqu’à arriver au chiffre « sept » . Ensuite, il entreprend le quatrième cycle en commençant le comptage de « un » jusqu’à atteindre le chiffre « huit » . Puis il commence le cinquième cycle en comptant « un » jusqu’à atteindre le chiffre « neuf » . Continuant ce processus, il commence le cycle suivant et compte de « un »... à « dix » . Ne pas dépasser ce nombre. Considérant ces cinq cycles comme un groupe, il recommence celui-ci et ainsi de suite, une heure durant. Grâce à cette méthode, le méditant doit pouvoir contrôler son mental et l’empêcher d’errer.

NOTE : le comptage peut être lent ou rapide. Si l’attention du méditant fixée sur sa respiration est relâchée, il compte lentement ; si au contraire son attention demeure stable, il compte rapidement. S’il se perturbe facilement et que sa pensée se tourne vers un objet extérieur, son attention se relâche ; si les objets extérieurs ne sont pas à même de le perturber, cela montre que son attention sur le rythme de respiration est stable.

 

DEUXIÈME ÉTAPE

Si le méditant coupe court à l’errance de son mental, et réussit à bien le fixer sur l’endroit du premier toucher de la respiration, il peut arrêter de compter. Il doit alors fixer son mental sur cet endroit tout en étant attentif à sa respiration et à sa durée. Au moment de l’inspiration, le méditant doit observer celle-ci et y être attentif : « je fais une longue inspiration » ; de même lors d’une courte inspiration, il doit le signaler en y étant également attentif : « je fais une courte inspiration » . Autrement dit, qu’il s’agisse d’une longue ou d’une courte inspiration, il doit la signaler comme telle. Il convient en outre d’être attentif à ne pas laisser une seule respiration passer sans être signalée. De la sorte, il doit continuer sa pratique durant au moins une heure. En poursuivant ce processus, il remarque que ses respirations deviennent de plus en plus subtiles et douces.

 

TROISIÈME ÉTAPE

Le méditant doit s’entraîner à être attentif à toutes les phases de sa respiration. Quand il fixe son attention sur l’endroit du premier toucher de la respiration, il essaye d’être attentif sur le début, le milieu et la fin aussi bien de l’inspiration que de l’expiration. Lorsqu’il inspire, il doit mentalement suivre avec vigilance l’inspiration dés le début, à savoir dés qu ’elle touche le lieu précité, jusqu’à la fin. De même, il doit suivre son expiration du début jusqu’à la fin, c’est à dire jusqu’à l’endroit précité (l’extrémité du nez ou la lèvre supérieure, selon le cas).

Le début de l’inspiration est marqué par le moment où la respiration touche l’endroit précité, et sa fin marquée par le moment où elle atteint le nombril (tel que le perçoit le méditant). Inversement, le début de l’expiration est du côté du nombril, et sa fin à l’endroit précité. Pour certains méditants, une des trois étapes -le début, le milieu et la fin de l’inspiration ou de l’expiration- est claire et compréhensible, alors que les deux autres ne le sont pas. Pour d’autres, deux sont claires, et l’une ne l’est pas. Pour d’autres encore, toutes les trois sont claires. Afin que ces trois étapes deviennent claires, le méditant doit faire un effort marqué. Dans cette investigation, il doit maintenir son attention portée sur l’endroit du premier toucher de la respiration (l’extrémité du nez ou la lèvre supérieure).

A titre d’exemple, imaginez quelqu’un qui se tient prés du pivot d’une balançoire à bascule, et pousse alternativement d’un côté puis de l’autre pour divertir ses enfants : même s’il ne bouge pas de sa place, il voit les deux extrémités et le milieu de la planche de bois. De la même façon, le méditant doit fixer son attention sur l’endroit du premier toucher de la respiration, et ce en suivant le début, le milieu et la fin de chaque respiration. Ou bien, supposons qu’un homme coupe le tronc d’un arbre avec une scie ; son attention est fixée sur les dents de la scie pénétrant le tronc. Il ne déplace pas son attention avec le mouvement de va-et-vient des dents, pourtant ce mouvement n’est pas inconnu de son attention. Ainsi en est-il du méditant qui, bien qu’il n’accorde pas une attention particulière au mouvement de va-et-vient des inspirations-expirations, lui est attentif. Cela est dû au développement et à l’expansion de son attention.

 

QUATRIÈME ÉTAPE

A cette étape, le méditant constate un calme dans le rythme de sa respiration. Si tel n’est pas le cas, il doit revenir à l’exercice précédent, et par un effort approprié tenter de réaliser le calme et la sérénité requis pour la respiration. Peu de temps après, il y réussira, suite à quoi son corps et son mental s’épanouiront : son corps devient si limpide et par conséquent léger au point de s’élever dans l’air. A vrai dire, le corps physique de certains méditants monte en l’air d’au moins dix centimètres. Je connais deux personnes (moines bouddhistes) qui lorsqu’ils pratiquent cette méditation montent en l’air au point que leur tête touche le plafond de la pièce, avant de redescendre au sol quelques minutes après.

Quand le méditant développe bien la concentration de son mental sur sa respiration, de la manière que nous venons d’expliquer, il perçoit sa propre respiration comme étant un vent soufflant, passant dans ses narines, ou comme si celles-ci étaient touchées par un coton ou quelque chose de semblable. C’est ce qu’on appelle réaction ou réplique de la respiration (uggaha-nimita : ce qui est appris ou capté par le mental, et qui vient de l’objet extérieur qu’est sa respiration).

En outre, la fixation par le méditant de son mental et de son attention, sur sa respiration fait disparaître les obstacles (nivaranas) qui entravaient son développement. Ces obstacles sont au nombre de cinq :kkk 1 la sensualité (kamacchanda), 2 la mauvaise volonté (vyapada), 3 la paresse et la léthargie (thinamiddha), 4 la turbulence et l’inquiétude (uddhacca-kukkucca), et 5 l’incertitude (vicikiccha).

Après un certain temps de pratique, quand on atteint la quatrième étape de son développement, les cinq obstacles s’évanouissent, le mental devient purifié, et son objet -la respiration- radieux. Pour certains, cela ressemble à un groupe d’astres, ou à un astre, ou à une pierre précieuse ; d’autres voient quelque chose qui ressemble à des pierres précieuses ; d’autres encore à des perles unies, ou quelque chose de semblable à une bouffée de fumée, ou à une toile d’araignée déployée, ou comparable à un nuage, à une fleur de lotus, à une roue de char, au soleil, à la lune, ou à quelqu’autre objet luisant. Cela s’appelle l’objet contrepartie (patibhaga-nimitta). Lorsque cet objet apparaît, le méditant doit faire particulièrement attention pour éviter sa disparition. Car s’il disparaît, il sera très difficile à faire réapparaître. Sa disparition est due au manque de vigilance. Si, par orgueil, le méditant pense qu’il a réussi, et laisse ses pensées se précipiter vers une tentation quelconque, par exemple un objet qui le rend envieux ou coléreux... à ce moment là le niveau de son mental qui s’était élevé jusqu’à ce haut point, baisse et retombe au niveau même d’un homme ordinaire, non développé. Pour conserver et protéger l’objet contrepartie, il est impératif d’éviter les empêchements suivants :

1. lieux inadéquats, exposés au tumulte, fréquentés par des visiteurs, ou bruyants ;
2. endroits où il est difficile d’obtenir de la nourriture ou ce qui est nécessaire ;
3. paroles inutiles qui dérangent ou découragent la pratique ;
4. vaines associations qui entravent la réalisation de la méditation ;
5. mauvaises nourritures, désagréables au goût ou nuisibles à la santé ;
6. postures inconfortables. Le guide de la pratique de méditation ne doit pas obliger son disciple à se mettre en une quelconque posture, ou s’adapter à une posture qui ne lui est pas confortable. Car cela risque de faire échouer la pratique, ou de retarder le développement du méditant ;
7. climats, froids ou chauds, nuisibles à la santé ou gênants.
Afin de progresser dans la pratique, le méditant doit tourner incessamment son mental vers l’objet contrepartie. Ce faisant, son mental devient solidement fixé sur l’objet qui ne disparaîtra pas aisément. A la suite de quoi, il progresse dans la contemplation extatique en respectant les dix conditions suivantes :
1. maintenir propres son corps, ses vêtements, sa résidence.
2. réaliser l’équilibre et la sérénité à travers les cinq facultés mentales :
(a) confiance,
(b) énergie ou effort,
(c) attention,
(d) concentration,
(e) faculté de raisonnement ;
3. cultiver la faculté de protéger l’objet contrepartie ;
4. entraîner le mental quand nécessaire ;
5. maîtriser le mental au besoin ;
6. renforcer le mental quand il faiblit ;
7. contrôler le mental quand il parait exubérant ;
8. eviter les personnes qui n’ont pas la concentration développée ;
9. s’associer aux personnes dont la concentration est développée ;
10. être résolu à développer la concentration.

Le méditant qui suit ces instructions énergiquement, est capable d’atteindre la première transe extatique. Mais, bien qu’il le fasse en fixant son mental sur l’objet contrepartie, il est plus utile et plus sûr pour lui à ce point de la pratique, d’agrandir cet objet ou de l’étendre en longueur et en largeur. Tout d’abord, il doit mentalement préciser sa taille : par exemple un centimètre en tout, puis deux, trois, et ainsi de suite... Il étend ainsi de plus en plus sa taille, pour atteindre un décimètre, puis deux, etc... jusqu’à atteindre la taille d’un parapluie au moins, ou, s’il le désire, celle d’une maison, d’une ville ou encore de l’espace infini. Alors, il percevra l’objet contrepartie s’étendant en une lumière sans limites. Toutefois, l’étendre ainsi n’est pas nécessaire. La taille d’un parapluie suffit pour y fixer son mental avec stabilité et atteindre la première transe extatique (le premier jhana).

Quand le méditant parvient à cet état de concentration du mental, il expérimente les cinq facteurs de la première transe : la pensée attentive (vitakka), la pensée soutenue (vicara), la joie (piti), la quiétude (sukha), et la concentration (ekagatta). Ces cinq facteurs de la première conscience extatique rendent plus stable la concentration du mental sur l’objet, et repoussent fortement les cinq obstacles (nivaranas). La pensée attentive repousse la paresse et la léthargie, la pensée soutenue repousse l’incertitude, la joie repousse la mauvaise volonté, la quiétude repousse la turbulence et l’inquiétude, et la concentration repousse la sensualité. Le méditant qui atteint cette transe extatique, expérimente un sentiment de soulagement et de béatitude, une extase totale, et une paix dont il n’a jamais auparavant rêvé !

Le méditant qui atteint la première transe extatique doit l’assimiler par cinq moyens, sans quoi, il ne sera pas capable d’avancer dans sa pratique.

Il l’assimile par :
1. référence (avajjana),
L’assimiler par référence consiste à tourner ses pensées vers une transe en quelque lieu et temps que ce soit, et ce sans difficulté.
2. entrée (samapajhana),
L’assimiler par entrée, c’est être capable d’entrer dans la transe en quelque lieu et temps que ce soit.
3. stabilité (adhitthana),
L’assimiler par stabilité, c’est demeurer dans la transe à volonté.
4. sortie (vutthana),
L’assimiler par sortie, c’est la capacité d’en sortir en quelque temps et lieu que ce soit.
5. révision (paccavekkhana).
L’assimiler par révision, c’est la capacité de s’en souvenir et d’examiner sa nature, ses facteurs, et autres détails.

Lorsque le méditant assimile et assimile à fond tout ce qui a trait à la première transe par ces cinq moyens, il devient apte à progresser à la suivante, la deuxième transe extatique (deuxième jhana).

Après avoir assimilé la première transe, il perçoit la pensée attentive (vitakka) et la pensée soutenue (vicara), comme états grossiers du mental, sentant qu’il est préférable pour celui-ci d’entrer en transe –s’il le peut– en dehors de ces facteurs. Autrement dit, après être entré dans la première transe des milliers de fois et l’avoir comprise à travers les cinq moyens déjà cités, il devient de plus en plus familier et intime avec l’objet de contrepartie, et il devient capable d’entrer en transe sans la pensée attentive ou la pensée soutenue (vitakka etvicara). Il atteint ainsi la deuxième transe (jhana), et expérimente par là même ses trois constituants : joie (piti), quiétude (sukha), et concentration (ekagatta). Ce méditant doit maintenant assimiler cette deuxième transe par les mêmes cinq moyens. A ce moment-là, il perçoit que la joie (piti) est, elle aussi, un état grossier du mental. Après de nombreuses entrées dans la deuxième transe, il pourra atteindre la troisième transe qui est sans joie, mais accompagnée de quiétude (sukha) et concentration (ekagatta). Il doit assimiler cette transe également par les mêmes cinq moyens. Quand en révisant cette troisième transe, il perçoit la quiétude (sentiment d’agrément) comme un élément grossier proche des plaisirs sensoriels, il essaye également de s’en débarrasser. Après avoir dominé la troisième transe par les mêmes cinq moyens, la quiétude se transforme en equanimité (sentiment neutre). Suite à quoi, il atteint la quatrième transe, expérimentant équanimité et concentration. Comme pour les précédentes, il doit assimiler cette transe par les cinq moyens.
A ce point, s’il veut développer des pouvoirs psychiques tel que lévitation, clairvoyance, clair audience, lecture de pensée, transmission de pensée, souvenir de vies antérieures, etc., il le pourra. Cependant, il doit être prudent à ne pas en être passionné ou y être attaché, car le désir de tels pouvoirs peut entraver son développement spirituel.
Lorsque le méditant révise et examine la nature et les facteurs de la quatrième transe, il en verra les nombreuses imperfections. C’est un état encore proche des états sensoriels grossiers. Le méditant percevra que dans sa vie après la mort, il sera doté d’un corps matériel subtil, mais néanmoins sujet à la mort et à la décomposition. Voyant tant de déficiences dans la quatrième transe, il s’efforcera d’atteindre un état entièrement libéré de toute matérialité.

 



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